mercredi 16 novembre 2016

Mercredi 16 décembre - Géographie - L'eau, une ressource essentielle

III) les modalités que pourrait prendre une gestion durable des ressources en eau : Comment gérer une ressource essentielle, convoitée et parfois menacée qui peut être facteur de tensions, rivalités et conflictualités ?

A) Encadrer sa consommation et maintenir la qualité de la ressource  :

Veiller à ne pas procéder à des prélèvements excessifs: puiser dans des nappes fossiles entraine un épuisement progressifs des stocks d’eau. Deux exemples permettent de comprendre les limites qui sont posées : la Libye tire 90 % de son eau des nappes fossiles, ce n’est pas soutenable et durable à moyen terme. En outre, l’assèchement de la mer d’Aral nous montre comment l’excès de prélèvement peut conduire à des solutions insoutenables à court terme.








Veiller à réduire les menaces sur la qualité des eaux et à la préserver

agents polluants (déchets des villes, nitrates agricoles...). L’eau rejetée est non seulement impropre à la consommation, mais risque également de polluer les eaux dans lesquelles elle se déverse (ex : les algues vertes en Bretagne à cause des nitrates ; pollution des nappes phréatiques par infiltration de ces nitrates issus des lisiers porcins épandus...). Mauvaise qualité de l’eau du robinet dans les régions d’élevage intensif.

-  L’UNESCO estime que 70% des effluents industriels dans les  pays en développement     sont déversés dans la nature    sans traitement préalables  Le  secteur agricole est    l’un des principaux utilisateurs    de l’eau et contribue donc à la pollution des sols et des eaux notamment via son usage d’engrais (nitrates et phosphates) et de pesticides. Le risque est d’accroitre la concentration de      la     
pollution     dans     les     eaux     et     de     la     rendre     de     plus     en     plus     impropre     à     la     consommation     mais     aussi     à     
l’irrigation,     questionnant     ainsi     
la     qualité     des     aliments     qu’elle     permet     de     produire     et     fermant     le     
cercle     vicieux

Accroître l’assainissement et son accès

L’assainissement et la qualité de l’eau sont un enjeu sanitaire et social:     lutte     contre     les     maladies     hydriques     
«
Le Gange indien reçoit 1,1 million de litres par minute d’eaux    

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Préserver une eau en quantité et en qualité suffisantes implique de modifier nos pratiques

la consommation en eau par habitant ne cesse de croître , alors même que la population croît également dans des proportions importantes. Il faut nécessairement changer nos pratiques => réaliser des économies dans la consommation d’eau

Encadrer la marchandisation de l’eau et ses conséquences : L’eau, marchandise ou « bien commun » ?                                                       
           
L’eau est-elle un bien comme un autre, une « marchandise » que l’on peut vendre dans le cadre d’une distribution par le marché ? Dans un livre récent , Antoine Frérot attaque « deux fausses bonnes idées : la gratuité de l’eau et le paiement complet par l’abonné » et défend « le juste milieu : un prix de l’eau socialement abordable ».

À l’opposé, de nombreuses ONG, voire certains organismes de l’Onu comme le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), militent pour l’idée que l’eau est un « bien commun ». Elle doit donc être l’objet d’une réflexion et d’une gestion différente, non marchande, articulant les organismes publics et privés dans des cadres nationaux, régionaux, multilatéraux et, à l’échelle mondiale, dans le cadre normatif de l’Onu ou d’une institution spécialisée ad hoc par exemple.

C’est dans ce cadre qu’il faut comprendre l’appel fait lors du Forum mondial de l’eau à Istanbul, début mars 2009 : «  Les ressources consacrées à l’eau sont minuscules comparées aux sommes investies dans la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre ou la crise financière (…). L’eau devrait être au cœur des politiques agricoles, énergétiques, de santé, d’infrastructures d’éducation (…). Les gestionnaires de l’eau sont convaincus, mais ce ne sont pas eux qui prennent les décisions. C’est aux chefs d’État et de gouvernement de s’emparer du sujet. » (Olcay Ünver, coordinateur du rapport final du forum d’Istanbul).


B) Considérer, encadrer et traiter les tensions liées à son statut de ressource convoitée

Eviter et encadrer les conflits d’usage liés à l’eau

Considérer l’eau comme un enjeu des tensions, rivalités et conflictualités internationales et élaborer des solutions pour les diminuer et partager la ressource de manière équitable

L’eau est parfois disputée entre des pays quand leurs disponibilités sont limitées et dépendent de la même source, c’est-à-dire la majeure partie du temps un fleuve; 40 % de la population mondiale dépendent des ressources d’eau partagées par plusieurs pays. Exemple : barrages en Turquie # Syrie, Jordanie, Israël, Irak; Israël # territoires palestiniens (ou Palestine) ; l’Égypte (Nil) dépend à 97 % de l’étranger (Soudan...) pour son approvisionnement en eau. 


Le pays en aval peut voir le débit du fleuve et la qualité des eaux baisser en raison du pompage qui en est fait en amont. Des tensions peuvent aussi apparaître quand un pays pompe excessivement dans une nappe fossile partagée par plusieurs États (ex : la Libye). L'ONU a fait une « proposition de loi sur les usages non liés à la navigation sur les fleuves internationaux » en 1991, qui définit le droit de tout État d’un » bassin fluvial international » à une « utilisation équitable et raisonnable » de l’eau du bassin.

L’accroissement des situations de pénuries notamment dans les zones mégapolitaines intensifie les tensions à l’échelle mondiale
L’hydroconflictualité potentielle dans le monde s’accroit

Définition d’Hydroconflictualité:

Définition d’Hydropolitique:

Définition d’Hydrodiplomatie:

L’eau, une cause de guerre ou de tensions géopolitique ?
Les ressources en eau sont au centre de tensions géopolitiques croissantes au point quelle Forum mondial de l’eau de l’ONU en a fait l’un de ces thèmes principaux de réflexion. Un certain nombre d’éléments militent en effet pour cette hypothèse.

Les facteurs d’aggravation
- la pression démographique se fait plus forte (la population mondiale va encore augmenter de plus de 2,5 milliards de personnes dans les quarante ans à venir) d’où un accroissement des besoins. 90 % des trois milliards d’habitants de la planète qui vont se rajouter à la population mondiale d’ici 2050 se trouveront dans des pays en développement où l’accès à l’eau potable et à l’assainissement n’est déjà assuré que de façon limitée et précaire.
À court terme, c’est 340 millions d’Africains qui n’auront toujours pas d’accès à l’eau en 2015 et 2,4 milliards d’individus qui, à l’échelle planétaire, n’auront pas accès à un service d’assainissement minimal.
- Sans compter bien sûr que ce sont les pays du Nord qui auront les moyens de construire les espaces permettant de gérer les dimensions sanitaires du changement climatique et de ses conséquences sur les ressources en eau.

- la demande de niveau de vie à l’occidentale et le phénomène d’émergence accentuent ces pressions sur les ressources
- le changement climatique va exacerber encore les concurrences potentielles

Ce ne sont pas moins de 260 bassins fluviaux qui sont partagés entre deux ou plusieurs États.

Déjà des tensions se font sentir. C’est, entre Israël et la Syrie, la question du contrôle du plateau du Golan, au nord-est du lac de Tibériade : annexé en 1981, Israël considère le plateau comme une région à part entière. Une partie des affluents du Jourdain y trouve leurs sources, et Israël y puise 35 % de son alimentation en eau.
On retrouve ces mêmes tensions géopolitiques entre l’Égypte et le Soudan sur le Nil, entre la Turquie, la Syrie et l’Irak pour le partage des eaux du Tigre et de l’Euphrate, mais aussi entre les États-Unis et le Mexique sur les eaux du Colorado (encadré ci-contre).
Malgré tout, cette liste est déjà révélatrice des limites de l’analyse de futures guerres pour les ressources en eau. Ces litiges n’ont, jusqu’à présent, presque jamais débouché sur des conflits ouverts à grande échelle. Et tous les pays concernés sont lancés depuis plusieurs années dans des processus de discussion et de coopération qui fonctionnent très correctement. Les États et les acteurs internationaux ont tout intérêt à privilégier les partages négociés et non les épreuves de force : le dérèglement climatique en cours – de même que la crise financière – rappelle chaque jour que, dans la « société du risque » (Ulrich Beck), il n’est plus possible de se débarrasser des tensions sur ses voisins, car celles-ci reviennent en boomerang sur ceux qui les produisent.


L’utilisation rationnelle des ressources en eau suppose une lutte contre les gaspillages. Elle repose aussi sur l’amélioration des techniques d’irrigation, de distribution et de traitement. Une meilleure coopération entre les Etats est enfin impérative, pour assurer un développement aussi durable qu’efficace. Plus qu’une pénurie d’eau, c’est le donc le manque d’infrastructures et une mauvaise gestion de la ressource qui pénalisent les sociétés humaines

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